Monday, October 30, 2017

Courir derrière le temps...

Quand j'étais petite, mes parents me lisaient un conte, qui allait comme suit. Un jour, il y a bien longtemps (évidemment puisque c'est un conte), un roi voulu récompenser un de ses sujets. Il lui donna des piquets et lui dit: "je vais t'offrir une terre à la hauteur de tes capacités. Mets-toi en route dès l'aube, et plante ces piquets. Lorsque le soleil se sera couché, toutes les terres qui se trouveront à l'intérieur de ces piquets t'appartiendront". L'homme, n'en croyant pas sa chance, se mit en route à l'aube au pas de course, et planta des piquets toute la journée. Le soleil se mit à décliner, et l'homme, voyant le temps se réduire, se mit à courir encore plus vite. Il couru, il couru... Il ne pouvait pas s'arrêter. Encore une forêt, encore un champ... Tant et si bien que lorsque le soleil fut couché, il y avait à l'intérieur de ses piquets une quantité de terres incroyable. Il arriva victorieux auprès du roi pour réclamer son dû. Au moment de se mettre à parler, l'épuisement le prit, et il décéda d'une crise cardiaque.
C'est con, me direz-vous.
Et bien parfois j'y repense, je me vois toujours à courir, à planter des piquets, sans jamais pouvoir profiter du travail accompli. Voyez-vous, j'ai un travail à temps plein, et tous mes temps libres sont consacrés au Fil de Bibil. Tous les jours c'est encore un dossier, et quand je rentre chez moi, c'est encore une commande... J'ai l'impression de courir sans arrêt derrière le temps, je n'en ai jamais assez, je grappille sur mes heures de sommeil, et quand je ne le fais pas je me retourne dans mon lit en pensant au travail encore à faire. On sait tous bien que ce n'est jamais une bonne idée quand on parle de long terme. Puis le temps passe vite, très vite, quand on ne s'arrête pas pour le regarder passer.  
Au bout de quelques mois à ce rythme, il faut que je pose quelques constats. D'un côté, mon travail va devenir de plus en plus demandeur car j'aurai un changement professionnel important le mois prochain. Et d'un autre côté, le Fil de Bibil n'est non seulement pas rentable, mais il est aussi stressant.
Tout d'abord, pas rentable. Si vous voulez que je vous l'illustre en chiffres, et bien, si on ne compte que le temps de production, je travaille entre 2 et 4€ de l'heure. J'avais initialement calculé mes prix à 6€/h sur une production en chaîne, mais une personnalisation prend deux fois plus de temps, donc deux fois moins rentable... Et tout cela ne prend en compte que la production, cela exclut la gestion des stocks, le contact client, les livraisons, les réseaux sociaux. Donc, conclusion logique, même si je bosse et je bosse, le peu que je gagne ne parvient même pas à me rembourser mes frais de comptables et mes cotisations sociales. Bref, je travaille à perte. 
Puis, finalement, c'est stressant. J'avais commencé le Fil de Bibil comme un hobby. Mais vous le savez bien, je ne sais pas dire non, et je commence à avoir des clients fidèles et de grosses commandes. Cela me prend un temps dingue. Même en rallongeant les délais (actuellement il faut attendre 2018), je n'arrive jamais au bout de ma liste, il y a toujours une commande en cours. Même quand je me planifie du temps pour moi, un week-end off, un repas avec des amis, je culpabilise de ne pas être en train de travailler. Ca vous rappelle quelque chose peut-être? Il y a toujours encore quelque chose à faire, c'est toujours à l'arrière de mon esprit... Ah ben! Moi aussi je pensais à ma thèse. Il n'y a jamais de déconnexion. Et puis, il y a aussi que je ne couds plus rien d'autre que du Fil de Bibil, que des modèles que j'ai déjà faits des centaines de fois. La motivation commence à s'en faire sentir, et quand on se force à faire quelque chose qui avant était un plaisir, ce n'est pas bon signe. C'est joli d'être perfectionniste, mais il faut aussi reconnaître qu'on peut être perfectionniste et en même temps pas du tout optimal. 
Sur le long terme, donc, il va falloir m'adapter ou arrêter. Et tant qu'à faire, je préfère m'adapter. 
Voici les changements qui vont être introduits dès 2018 au Fil de Bibil:
1. Je vais bientôt introduire une nouvelle facette de mon activité: la broderie professionnelle. En effet, j'ai non seulement acquis une super machine de compétition, mais je vois bien aussi que la plupart de mes clients cherchent la personnalisation plus que la couture. Il n'y a qu'une minorité d'initiés qui valorise le fait que l'entièreté du processus de couture est pris en charge par une seule personne à un seul endroit, et qui apprécie le temps que cela me prend. J'ai donc développé un accord avec plusieurs marques pour pouvoir revendre leurs produits et en proposer une personnalisation. Vous en verrez plus sur mes marchés de Noël, et sur le site du Fil de Bibil dès la fin de l'année. 
2. Sur les bavoirs en question: je ne peux pas me résoudre à les abandonner pour le moment, car c'est ça qui a démarré le Fil de Bibil, et en même temps je sais que même en augmentant le prix ça ne sera jamais rentable. Je vais donc devoir me forcer à respecter un quota maximum de bavoirs par mois. Mais en broderie, et dans des délais raisonnables, vous pourrez commander des personnalisations de bavoirs déjà confectionnés... 
3. Je vais arrêter les couvertures. D'accord, c'est beau et ça en jette. Mais c'est du stretch, c'est super dur à broder, je dois souvent recommencer et j'ai beaucoup de pertes. Et le polaire ça prend énormément de place à stocker. 
4. Je vais arrêter de proposer des capes d'allaitement en personnalisation (sauf exceptions, si par exemple on me demande un kit de naissance où tous les tissus sont assortis). A la place, je proposerai du stock sur ma boutique Etsy. Je vais aussi en augmenter le prix. 
5. Dans la même vague, je vais proposer du stock de bavoirs bandanas sur ma boutique Etsy. En somme, je vais diminuer la proportion de commandes de produits encore à faire et augmenter celle de produits déjà réalisés; un gain de temps énorme et un grand bénéfice pour la gestion de mon stress. 
Vous voulez savoir ce qui est un peu ironique? C'est que mon travail actuel consiste en partie à évaluer la santé financière des projets professionnels d'autres personnes. J'ai au téléphone des gens qui comme moi sont épuisés et n'arrivent jamais à rentrer dans leurs frais, quelles que soient les heures travaillées... Et c'est clair que si mon dossier arrivait sur mon bureau, je me le refuserais net, il n'y a même pas à discuter là-dessus. Mais j'ai mis du temps à accepter que le changement était nécessaire, parce que je voulais prendre le temps de réfléchir à quels changements apporter, et parce que je ne voulais rien sacrifier au passage. Ces changements me dégageront, je l'espère, plus de temps pour le Fil de Bibil, pour d'autres projets de couture, et pour d'autres projets tout court. 
(Et pour faire du sport.)
(Un peu.) 
(Pas trop quand même.) 

Tuesday, October 10, 2017

Quelques souvenirs du mois de septembre

Hé oui, je suis de nature inspirée aujourd'hui, et en classant quelques photos du mois de septembre je me suis dit que c'était peut-être le bon moment pour vous en faire part!
(Enfin j'ai décidé que ça vous intéressait car si vous êtes venus sur ce blog c'est que vous l'avez voulu, en même temps).

1. Les Merrimoose se sont marriés

Hé oui! Avant d'aller vivre leurs aventures Outre-Atlantique, ils ont franchi le pas et ils nous ont préparé une big fête... Quatre bières différentes brassées pour l'occasion, viande de barbecue exceptionnelle, on a mangé incroyablement bien, et surtout on était bien entourés! 
Et comme on est des chanceux on a eu droit aux restes le lendemain... Désolée pour les végétariens qui tombent sur ce post mais ces ribs étaient juste incroyablement tendres, elles avaient cuit à basse température pendant 24h avec une marinade de dingue. Après on a fait diète pour compenser. Si. C'est vrai.
Enfin bref, à la fin de ce week-end, on avait l'impression d'être partis en mini-vacances alors qu'on était restés chez nous. Et on était même reposés. C'est fou.

2. Point de vue couture
Bon, il y a eu du Fil de Bibil bien sûr, et je carbure depuis plus d'un mois pour préparer les marchés de Noël et la réouverture de la boutique Etsy... Parfois je me fais des bonnes résolutions de ne pas faire de couture pendant plusieurs jours de suite, ou de me réserver une journée de week-end sans couture, enfin bref, le succès de ces initiatives est relativement modéré. Mais il faut que je me mette des limites parce que je sais comment ça va, je me laisse emporter par mes projets sans considérer que je travaille à temps plein quand même et un moment donné je ne sais plus suivre... Mais donc du Fil de Bibil:

Mais j'ai fait quelques robes pour enfants sur le modèle de la robe Birdie de la Maison Victor, comme ici:

Et je vous partage aussi ce lunch bag sur mesure pour le tupperware de MC (j'ai dû enquêter secrètement pour connaître la taille dudit tupperware, je suis assez fière de moi). 


3. Salami...
...a été mordu par un renard. Le pauvre, il a foncé chez moi en panique totale et plein de sang, ça faisait peine à voir. Pas de blessure profonde mais il a reçu des shots d'antibiotiques dans la demi-heure et a dû garder le cône pendant une semaine... Salami, on ne le dirait pas, mais il est plus difficile à dresser que Knacki. Et donc on n'a jamais réussi à lui faire manger ses médicaments. Pour y parvenir on a dû les lui hacher menu dans du maroilles.
Puis il est allé mieux.
Et il a fait ça.

Je vous l'ai dit qu'il était plus difficile à dresser que Knacki.
Mais cela ne m'atteint pas car...

4. J'ai une nouvelle brodeuse!

Une machine professionnelle. C'est une bête de compétition! Vous devriez voir la vitesse à laquelle elle brode et la précision du point! En plus elle change automatiquement de couleur, c'est vraiment un plaisir de travailler avec elle... J'attends un peu avant de proposer des broderies sur le Fil de Bibil car je suis toujours en recherche de fournisseurs, et je suis toujours en train de carburer pour les marchés de Noël, et je suis toujours en train de me donner de bonnes résolutions de me mettre des limites. Mais c'est pour bientôt!


Allez, ben bon mois d'octobre alors hein...



Sunday, September 24, 2017

Atelier Nami Cosmétiques

Je vous ai déjà parlé de mon amie Line et de Nami Cosmétiques, les cosmétiques zéro déchet... Aujourd'hui nous avons fait un atelier chez moi, et bien c'était franchement chouette! Non seulement nous avons passé une après-midi sympathique mais nous avons appris plein de choses...
(Vous allez par ailleurs remarquer ma superbe nappe qui fait toute ma fierté)
(Mais oui vous allez la voir)
Line est restée plusieurs heures avec nous pour parler de sa passion des produits cosmétiques, de son engagement zéro déchets, des différents ingrédients entrant dans la composition de ses produits, et nous on a fait un shampoing solide et un déodorant... 

Pour le shampoing solide, nous avons pu chacune personnaliser les ingrédients en fonction de nos besoins... Pour moi c'était huile de ricin (pour mes cheveux secs) et de jojoba (pour mes cheveux qui sont aussi gras, en fait), argile blanche, et en huiles essentielles cèdre de l'atlas, ylang-ylang et tea tree. On verra ce que ça donne! Les recettes ont été testées en laboratoire (et je le sais car j'ai crowdfundé les premiers tests) et je suis impatiente de voir le résultat en pratique...
Puis on a fait un déodorant et ça je sais déjà que ça marche bien car j'en ai déjà un chez moi, et on a reçu la fiche avec les recettes, bref de quoi faire tout plein de cadeaux de Noël cette année...
Et Knacki, elle, a profité de l'instant présent. 
 Un peu de bain-marie pour faire fondre tout ça! (En avant-plan remarquez une belle chemise en liberty vintage)
 Et hop, on mélange avec de la dinette avant que cela ne devienne solide...
 Admirez les belles mains de Marie qui dose comme personne
 Et voilà le résultat final! Un shampoing solide dans le coeur, et un déodorant dans le muffin! On pourrait presque les manger...
Ca sent trop bon! Un de ces quatre vous ne devrez pas vous étonner de me voir débarquer chez vous avec un produit cosmétique que j'aurai fait moi-même (ou commandé au cas où j'ai la flemme). Par contre si c'est le déodorant vous devrez le prendre un peu personnellement parce que bon... Enfin il était temps que quelqu'un vous le dise, en même temps.

Monday, July 10, 2017

Le Fil de Bibil

Hé oui, pour vos yeux ébahis, laissez-moi vous présenter mon petit bébé!
Mais non, pas ma thèse.
Mais non, pas mes chiens.
Je veux dire, le Fil de Bibil. 
Figurez-vous que j'ai professionnalisé la chose... Et bien c'est super gai! J'ai eu la chance de rencontrer une chouette graphiste qui m'a créé ce logo:
Et depuis... Cartes de visite, étiquettes, tote bags, enfin ce logo est déclinable sur tous les supports! Les couleurs (rouge corail et bleu marine) ont été pensées pour s'assortir avec toutes les couleurs. Je ne vous dis pas l'enthousiasme le jour où vous recevez ceci:
500! Il y en a 500 dans cette boite!
Alors, me direz-vous, ça marche bien?
Et bien la réponse honnête est oui, ça marche bien. D'ailleurs j'ai hésité pendant plusieurs semaines avant de faire ce post de crainte de créer un engouement et de devoir décevoir celles et ceux qui voudraient un bavoir, là tout de suite. Autant vous le dire directement: je n'ai plus de disponibilité avant le 20 août... 
Ce n'est pas tellement que je croule sous les commandes, c'est plutôt que combiner un travail à plein temps, tout l'admin et le marketing autour du lancement d'une activité professionnelle, et une vie sociale à côté (aaaah la belle saison qui revient), ça fait beaucoup... En semaine c'est tout simplement impossible, et le week-end dès que j'ai une activité en journée ou même juste des courses à faire c'est fichu. Finalement si j'ai 4 heures par semaine pour coudre je suis heureuse! Du coup pour éviter que les commandes ne deviennent un stress je suis obligée d'espacer mes délais... 

Moi je vous dis ça marcherait beaucoup mieux si j'avais une machine à broder professionnelle!
* se perd dans une petite rêverie *
Hein? Ah oui. 
Et est-ce que je n'en ferais pas mon activité à temps plein?
Ben les gars, comment dire, ce n'est pas exactement comme si j'avais le business plan du siècle et que cela pouvait réellement être rentable comme activité principale. Déjà, j'ai créé un site web (vous avez vu comment je le place discrètement?) pour automatiser la procédure parce que discuter avec les gens des différentes options qui s'offrent à eux c'est très chronophage. 
D'ailleurs c'est effarant de se dire que j'ai bien coupé de moitié les tissus que je proposais à la confection de bavoir et qu'il m'en reste toujours 60... Sans compter les Liberty et les Petit Pan! Rho je ne sais pas me limiter, c'est dingue!
Je ne vous dis pas la crise de stockage que je traverse pour le moment, je suis en train de virer des meubles pour pouvoir mettre des caisses de tissus à la place, et en attendant elles s'entassent dans l'entrée, dans le salon, dans ma chambre, enfin partout, ça t'envahit sournoisement comme de la cellulite après les fêtes, j'hésite à en proposer le rangement comme activité sur un groupe de crossfit... 
Je vous montrerai une photo.
Mais si.
Un jour. 
En attendant, pour les courageux/ses qui peuvent attendre jusqu'au 20 août, n'hésitez pas!

Sunday, July 02, 2017

Oh, mais! Vous ne rêvez pas, c'est bien du patchwork

Ca alors, cela faisait si longtemps...
A l'occasion du baptême de ma nièce, j'ai ressorti ma grande équerre, ma ouatine et mon pied pour piqué libre et j'y suis allée franco. Ma technique était simple: j'ai pris tous les tissus à pois que j'avais en ma disposition (+ quelques uns que je suis allée acheter en plus, l'occasion fait le larron) et j'ai fait ceci:

J'avais reçu comme vague instruction de ma soeur que ça devait aller avec le rose de la chambre et le rouge du salon et tant qu'à faire aller avec plein d'autres couleurs différentes, donc voilà. J'ai pris toutes les couleurs que j'avais, je les ai séparées par du blanc, et c'est la formule magique pour assortir même les couleurs qui ne vont pas ensemble. 
C'était fin avril.
Quelques jours plus tard, elle m'a envoyé cette photo:
Et depuis, chaque mois, je reçois une update!
Voici la photo pour le mois de mai

 Et celle-ci pour le mois de juin.
Il n'y a plus qu'à coudre les vêtements assortis au patchwork... (Ou bien ce serait déconner? Dites-moi que non)

Wednesday, May 03, 2017

Salami est allé au dog show

Comme je vous le dis.
Pourquoi? Me demanderez-vous. Et bien parce qu'il ne suffit pas que votre chien ait un pedigree pour que sa progéniture en ait un. Et dans la mesure où j'aime beaucoup les chiots, et que Salami est totalement consentant dans cette affaire, et bien... J'ai fait les démarches pour que Salami soit, comme on le dit dans le jargon, "admis à l'élevage".
Je suis donc allée à une compétition internationale et de prestige à Anvers, et c'était un événement important à en juger par les voitures de sponsors aux décorations parfois relativement douteuses. Je peux vous dire que les éleveurs qui vont là, ce sont des professionnels. On voit qu'ils ont l'habitude. Ils viennent avec leur matériel: chaises pliables, valises contenant les affaires de toilettage, cages pour les multiples chiens de compétition. Et ça, ça s'applique pour les teckels comme pour les bouviers bernois, le ring à côté. Trois cages pour bouvier bernois par éleveur, ce n'est pas une mince affaire, je vous le dis. 
Puis il y a moi, qui arrive avec un Salami totalement terrorisé au bout de sa laisse, avec rien d'autre qu'une enveloppe contenant les documents de la compétition et une boite contenant l'arme suprême - un reste de pain de viande. La compétition durait de 10h à 17h. Comme j'ai galéré pour trouver un parking, je suis arrivée à 10h05. Salami passait à 10h03. Pas de bol, Salami-Paul. Du coup, le pauvre, il avait été jugé absent, et ça s'arrêtait là. Je pouvais rentrer chez moi. 
Bon.
Je suis allée trouver le responsable en lui disant, en substance, qu'avec tout le respect que j'avais pour sa compétition de prestige, en fait le classement ne m'intéressait pas, je voulais juste faire une admission à l'élevage. Au bout de quelques négociations dans mon plus beau néerlandais, la juge a quand même accepté de prendre mon chien pour voir s'il était apte à propager ses gênes. Ce qui s'annonçait relativement bien, jusqu'à ce qu'elle demande à Salami de défiler.
Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que les autres chiens, ceux des pros, ils n'ont pas le trac. Ils se baladent totalement à leur aise autour du ring, ils marchent au pied, ils courent, ils s'assoient, ils se tiennent parfaitement droit quand on leur demande. Ils ont la classe. Salami, lui, il était mort de trouille. La juge m'a demandé de marcher avec lui. Il se baladait la queue entre les jambes, le pet vers le sol, les pattes en canard, en vrai il rampait. Et encore, il n'avançait que parce que j'avais sorti l'arme suprême - que je devais tenir juste devant son nez. Mais parfois il se laissait distraire. Il s'est secoué au moins deux fois, puis quand il est arrivé au niveau des autres chiens, il a commencé à paniquer, à faire marche arrière, à se rebiffer, et là on va dire que le public se marrait franchement. La juge ne m'a pas demandé de courir ni de le faire s’asseoir. Elle l'a directement mis sur une petite table et l'a mesuré. 
Elle a dit quelque chose en russe à son interprète, dans lequel j'ai compris le mot "standard", puis en substance on m'a expliqué, avec des mots simples, que Salami n'était pas un teckel nain, contrairement à ce que disait son pedigree, qu'il était trop grand, et qu'il fallait changer son pedigree pour qu'il soit un teckel standard. Jugement: "non recevable". 
Tout ça pour ça.
En plus, la juge, qui est une juge internationale et de prestige, m'a envoyé paître en disant qu'il fallait que je me trouve un juge belge pour faire les démarches. J'ai dû ressortir mon plus beau néerlandais au secrétariat pour qu'on me trouve un juge belge qui écrive une petite lettre afin que je puisse faire les démarches. C'était compliqué. J'avais un Salami totalement traumatisé dans les bras qui me rentrait toutes ses griffes dans le cou. J'ai failli abandonner, je suis relativement fière d'être allée jusqu'au bout de ce truc. Il y a plutôt intérêt à ce qu'il y ait des chiots à la clé après tout ça.
Enfin, une fois que ça, c'était fait, je suis allée voir ce que c'était, en vrai, un dog show.
Et bien, c'est beaucoup d'autres chiens qui ressemblent au tien. C'est un peu perturbant. Salami a fini par un peu se décoincer et a essayé de propager ses gênes chez une de ses congénères qui lui semblait relativement jolie - sauf que c'était un mâle. Puis il a été agressif avec tous les autres.
Un dog show, c'est aussi des gens qui sont très intenses sur le toilettage. Ils sortent les bigoudis, font de la microchirurgie sur la chevelure abondante de leurs bêtes de compétition, et soignent avec attention ces espèces de coucougnettes inversées sur le dos de leur caniche. 
Mais c'est aussi du spectacle! Il faut bien divertir les enfants. Parce qu'il n'y a pas que la beauté dans la vie, il y a aussi le dressage...
Enfin, au final, j'étais quand même contente de ne pas avoir dû attendre la fin de la compétition, et je suis rentrée chez moi avec un Salami qui a été malade pendant tout le trajet, et qui n'a bouffé que de l'herbe pendant les jours qui ont suivi.
Mais il me remerciera plus tard.
Enfin je crois.

Thursday, March 30, 2017

Et les vacances, ça se passe?


 Et bien, deux choses.
1. Prendre des vacances quand on n'est plus en thèse, c'est pas mal, en fait. On ne devrait pas être en train de rédiger, on ne se sent pas coupable, on profite pleinement du fait que quand on glande, on ne devra pas le payer plus tard. Oui, vraiment, c'est pas mal.
2. Tous ces gens qui disent de faire attention au troisième jour du ski parce qu'on est fatigués, de faire attention au relâchement du stress, etc, et bien je les comprends. Le stress que j'ai au travail est différent que celui de la thèse car il est beaucoup plus "immédiat", et on ne s'en rend pas vraiment compte sur le moment-même, mais c'est quand on s'arrête que la fatigue tombe. Le premier jour je me suis fait une petite conjonctivite derrière les fagots, sexy et pratique. Les autres se sont fait de sympathiques tendinites ou autres chutes, des angines, et pour ma part j'ai eu un reflux de malade pendant tout le séjour. C'est gai, dites, les vacances. 

Non mais pour de vrai, c'est gai, les vacances. Je ne vous poste pas de photo de groupe car certains sont réfractaires au fait d'avoir leur image sur internet, mais pour ceux qui reconnaissent le fond, j'étais aux Menuires. Il y avait encore de la neige et du soleil par intermittence. Quand il n'y avait plus de neige on avait des terrasses. Et on a carrément bien mangé, les bonnes résolutions de perte de poids sont postposées aux 20km de Bruxelles. Ah oui le masque en plein soleil c'est à cause de la conjonctivite, et j'ai mes lunettes de soleil en dessous. Je vous ai dit, sexy et pratique.
Sinon j'ai fini une pieuvre dont je suis particulièrement fière...
Allez à bientôt depuis Bruxelles où il fait beau aussi, en fait...

Wednesday, March 08, 2017

Productivité

Je me suis remise à coudre pour le Fil de Bibil... Et bien, cela fait du bien! Mon salon est une scène de chaos post-apocalyptique, j'ai du tissu partout, je ne trouve plus mes ciseaux dans tout ce désordre, et parfois je ne suis pas même sûre d'où se trouve mon chien... Mais cela découpe, brode et coud et je peux vraiment partir dans tous les sens, cela fait du bien... 
Ces derniers mois je m'étais forcée à me restreindre un peu du côté créatif. J'ai remarqué qu'à la fin de ma thèse, j'étais obsédée par l'idée de la productivité. Chaque minute devait être passée à produire quelque chose. Je ne pouvais plus simplement passer une soirée à me détendre devant la télévision, il fallait faire de la couture, du point de croix ou autre, et ma détente c'était ça. Au fond cela ne me détendait pas, parce que je me rendais compte que je produisais pour produire. Je m'engageais dans tout et me mettais des échéances. Comme pour ma thèse, je ne prenais plus de plaisir à le faire, je vomissais des pages de la même manière que j'empilais des bavoirs. A l'époque, je me sentais tellement nulle part et en retard dans tout qu'il fallait que j'aie du rendement. 
J'ai finalement eu assez peu de temps entre la fin de ma thèse et le début de mon nouveau travail. Quand j'ai commencé en temps plein dans un secteur totalement différent de ma thèse, cela m'a demandé beaucoup d'énergie pour m'adapter, et la couture avait un peu la même sensation que sur la fin de ma thèse. Passion au départ, obligation à la fin. Bref, ces derniers mois, j'ai pris un break avec la couture, et je me suis obligée à faire d'autres choses à la place, comme lire des livres, jouer à des jeux de société, faire du sport, voir des amis. 
Et maintenant, six mois après avoir commencé mon nouveau travail, je commence à me stabiliser. J'ai enfin l'énergie nécessaire pour pousser le Fil de Bibil dans la direction voulue. Je vous prépare un site web, nouveau logo, nouvelle collection de tissus, et en attendant j'ai produit des bavoirs à la pelle pour épuiser tous mes "anciens" tissus. Car je sais que si je ne fais rien, ils vont rester languir dans un coin de mon stock. C'est une sorte de nettoyage de printemps en somme...
Qu'est-ce que cela fait du bien de s'y remettre! J'avais oublié ce que cela donnait, de s'investir complètement dans un projet créatif d'envergure. 44 bavoirs sont en production et je pourrais continuer si je le souhaitais... 
Et sinon, j'ai fait des pieuvres. 

Vous avez vu l'amélioration par rapport à la dernière fois? Hein? 
A très bientôt!